AUDIENCE VISIO SNEP-FSU ET SG ET IPR DU 25 MAI 2020 (CAEN ET ROUEN)

  • M le Secrétaire Général de Caen, Mme Lacoste Directrice de Cabinet de la rectrice,
  •  M FOSELLE, DRH.
  • Mme GARNIER Sophie et M KOGUT Pascal, IA-IPR EPS.

 

  • Sébastien BEORCHIA, S3 SNEP Caen.
  • Eric JOUFRET, Aude JOUSSAIN et Nathalie VERNIER, co-S3 SNEP Rouen.

 

 

I. REPRISE D’ACTIVITE EN EPS 

 

Les IA-IPR EPS de l’académie ont envoyé à toute la profession deux lettres d’informations relatives à la reprise d’activité en EPS.

Des questions sont cependant toujours en suspens sur les conditions précises de cette mise en œuvre au regard de textes et d’injonctions parfois contradictoires (circulaire de réouverture des établissements scolaires du 7 mai, décret du premier ministre du 12 mai et le protocole sanitaire du second degré).

             Le SNEP-FSU est donc intervenu sur plusieurs points :

 

1. Port des masques et distanciation :

 

Les choses sont désormais stabilisées les personnels doivent porter un masque en présence d’élèves (protocole sanitaire).

Les collégiens doivent aussi porter le masque (préconisation rectorale), les établissements ont reçu des dotations.

La pratique sportive est déconseillée avec port de masque. Ainsi les IA-IPR ont précisé les choses. La pratique sportive doit se faire prioritairement en extérieur.

Pour les activités de faible intensité statique la distance à respecter est de 5 mètres pour toutes autres activités la distanciation est de 10 mètres.

Il a été précisé que si les distances pouvaient être préservées, les élèves pouvaient enlever leur masque.

Lors des déplacements le port du masque est obligatoire.

 

2. Déplacements vers les lieux de pratiques :

 

L’article 6 du décret rappelle que : « Tout rassemblement, réunion ou activité à un titre autre que professionnel sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes, est interdit sur l’ensemble du territoire de la République ».

Cette question est encore à trancher et les autorités rectorales vont apporter une réponse juridique sur ce point.

Quoi qu’il en soit le protocole sanitaire et le décret du 12 mai rappellent tous deux « qu’afin de ralentir la propagation du virus, les mesures d’hygiène définies en annexe 1 au présent décret et de distanciation sociale, incluant la distanciation physique d’au moins un mètre entre deux personnes, dites « barrières », définies au niveau national, doivent être observées en tout lieu et en toute circonstance ».

 

Pour finir, les IA-IP EPS de l’académie ont souligné que l’encadrement des pratiques sportives et le choix des pratiques étaient renvoyés à l’expertise des professionnels que sont les professeurs d’EPS dans les établissements en fonction de la réalité du contexte. Sans oublier que l’EPS doit participer, comme les autres disciplines, à la reprise des enseignements dans le cadre du protocole sanitaire défini par les établissements.

 

 

II. DIPOSITIF 2S2C : QU’EN EST-IL DANS NOTRE ACADEMIE ?

 

L’idée générale de nouveau dispositif Sport Santé Culture Civisme (2S2C) est de permettre, sur le temps scolaire, de réaliser des activités sportives et culturelles. 

Cela heurte particulièrement les enseignants d’EPS de notre académie, tout comme les enseignant.es d’autres disciplines telles que l’éducation musicale et les arts plastiques.

Le ministère de l’éducation nationale utilise ce temps de crise pour faire passer un dispositif qui est une négation de notre professionnalité et de nos métiers. En plus d’accentuer les inégalités sociales et territoriales dans l’accès aux APSA, ce dispositif nous expose à des difficultés supplémentaires concernant l’accès aux équipements sportifs du fait de la priorité accordée dans certaines collectivités à sa mise en œuvre.

Pour le SNEP-FSU ce dispositif entre en concurrence directe avec l’enseignement de l’EPS, par un effet d’annonce séduisant la prise en charge des élèves :

  • Sur le temps scolaire : n’est-ce pas pas une volonté d’externalisation de l’EPS, alors que les moyens humains existent déjà en termes de personnels qualifiés ?
  • Dans notre académie, allez-vous appuyer ce dispositif sur le temps scolaire, au détriment de l’enseignement de l’EPS déjà existant ?

 

Réponse du SG Caen : ce dispositif ne se réduit pas au sport, mais comprend aussi la culture, la santé et le civisme. C’est la globalité du temps scolaire de l’élève qui doit être pris en compte, avec un temps de réappropriation…Les élèves ne seront pris en charge qu’à mi-temps dans les établissements : ce dispositif permet d’accueillir les élèves sur l’autre partie du temps scolaire. L’ensemble des ressources de l’établissement doivent être sollicitées et après seulement on peut faire intervenir des personnes de l’extérieur.

 

Réponse des IPR : c’est un dispositif complémentaire à l’EPS, il n’est pas question de remplacer l’EPS, dans le second degré.

  •  Qu’en est-il dans notre académie, la priorité sera-t-elle donnée aux intervenants du dispositif 2S2C au détriment de l’enseignement de l’EPS ?

 

Réponse des IPR : Comme pour cette fin d’année les activités en extérieur sont privilégiées, il ne devrait pas y avoir d’interférences… les enseignants d’EPS conservent les créneaux d’installations sportives qu’ils ont réservés au début de l’année scolaire Il s’agit donc de faire pratiquer les élèves en extérieur dans les meilleures conditions possibles. C’est le bon sens qui l’emporte dans les jurisprudences et l’enseignant d’EPS sera soutenu…

  • Ce dispositif va être totalement pris en charge par le budget de l’Education nationale (250 millions d’euros au niveau national rien que pour cette fin d’année, ce qui peut faire un budget allant jusqu’à 750 millions d’euros pour l’année prochaine).

Comment interpréter les nombreux postes supprimés dans l’académie au regard de ce budget ? 

Quel sera le budget que l’académie prévoit de consacrer à ce dispositif ? A quel taux horaire seront rémunérés les intervenants, et donc combien d’intervenants prévoyez-vous d’employer ?

Réponse du SG : le budget académique ne sera pas impacté, c’est un financement ministériel dans sa totalité. Les tarifs sont régis par les conventions conclues au niveau local. A ce jour il n’y a pas de connaissance du nombre d’intervenants ni du nombre d’établissements concernés au niveau académique puisque le soutien financier sera plein et entier par « la centrale ».

 

  • une convention doit être signée par le chef d’établissement, les associations et les collectivités territoriales : combien d’établissements scolaires sont concernés par la mise en place des 2S2C ? Et quels sont-ils ? Quelle instance a été en charge de sa mise en œuvre dans notre académie ?

Réponse du SG : Nous n’avons pas encore de réponse sur les établissements concernés par ce dispositif.

  • ce dispositif permet la « continuité pédagogique » : quid du travail distanciel qu’ont fourni les enseignants d’EPS lors du confinement ? Comment oser parler de continuité lorsque les élèves sont confiés à de nouveaux intervenants, qui n’ont aucun vécu antérieur avec nos élèves ? Quelle qualification sera exigée aux intervenants de ce dispositif ?

 

Nos Inspecteurs Pédagogiques Régionaux EPS sont convaincus que « les enseignants d’EPS de l’académie Normandie sauront relever, en équipe, le défi de cette reprise » (courrier reçu le 7 mai 2020). Dans ce contexte, c’est une profession toute entière qui s’attelle à enseigner l’EPS en tenant compte du protocole sanitaire à appliquer. 

  • Quelle cohérence éducative peut-on voir dans la sollicitation de personnels extérieurs à l’établissement, sans connaissance préalable des élèves et sans niveau de qualification défini ? La circulaire ne demande aux intervenants qu’une « preuve d’honorabilité ».

Réponse du SG : pas de réponse précise.

III. LGT et LP : EXAMENS 2020 ET 2021

 

 

1. Examens 2020 :

 

Les enseignants d’EPS auront pour certains remplis 3 logiciels différents pour rentrer les notes d’EPS de bac 2020. La profession a un fort sentiment que le travail fourni ne sert à rien. 

 

Est-ce que les éléments ci-dessous sont confirmés ?

Les rattrapages sont annulés : oui

Toutes les épreuves ponctuelles sont annulées : oui

Pour le BAC EPS, dès lors qu’au moins deux CCF auront été faits, ce serait eux qui seraient pris en compte. 

 

Lorsqu’il n’y a qu’un seul CCF, ce dernier serait complété par les notes de contrôle continu pour en faire une moyenne. Si l’élève n’a pas été présent lors du cycle, il faudra trouver une note « révélatrice du niveau de l’élève ». 

 

Faut-il prendre une note de seconde ou de première de la même activité ? 

Les IPRs font confiance aux équipes sur ce point sont toujours en attente de la circulaire nationale.

Il faudra argumenter cette note, dans quel cadre sera fait cette argumentation (sur le logiciel lotanet ?). 

 

L’EPS fera remonter ses notes de la même façon que les autres disciplines, il faudra pouvoir l’argumenter mais pas forcément lors de la remontée des notes. Réponse pas très claire là-dessus.

Si aucun CCF sur les deux premiers trimestres, comment serait évalué l’élève ? 

Les IA-IP sont en attente de la circulaire nationale ;

Le SNEP-FSU est en désaccord avec la prise en compte du seul contrôle continu s’il n’y avait pas de CCF. Par souci d’équité entre les candidat.es, il semble plus juste que les élèves n’ayant pas été évalué.es par CCF soient placé.es comme s’ils étaient « dispensé.es » ou « non évalué.es 

 

Devant toutes ces évaluations qui seront plus locales que d’habitude, le SNEP-FSU est pour le maintien des commissions d’harmonisation qui devraient se tenir en amont des jurys. Il y aura des commissions d’harmonisation mais uniquement toutes disciplines avec des sous commissions   pour harmoniser au mieux. Il n’y aura donc pas de commission spécifique EPS.

Toujours selon les informations dont nous disposons, plusieurs éléments appellent encore à des réponses :

– Les sportifs/ives de haut-niveau scolaire bénéficieront ils/elles de la note de 16/16 puisque l’oral n’aura pas lieu ?  

En attente de la circulaire nationale 

– Où en est-on pour les CAP ? Quelle règle s’applique pour les CAP ? 1 note sur les 2 demandée suffit-elle ? 

En attente de la circulaire nationale

 

 

2. Retour des protocoles 2021 :

 

La délégation a rappelé que, selon l’enquête nationale du SNEP-FSU, 92% des enseignant.es d’EPS sont en désaccord avec cette réforme, en particulier sur le caractère local des épreuves et la perte des points en motricité et l’évaluation AF2 et FL3 très chronophage tout au long du cycle qui va faire basculer du temps d’apprentissage en temps d’évaluation certificative.

Nous continuons à demander à minima le report d’un an de l’application de ses protocoles avec l’utilisation des anciens pendant l’année de transitions.

Quelle date précise et quelle procédure pour faire remonter la proposition de protocole sur 1 APSA ?

 Sur le logiciel e-pack eps (qui sera utilisé à Caen dès cette fin d’année scolaire). La date devrait être donnée rapidement.

 

Comment sera constituée la commission des référentiels ?

 

C’est la même que la commission d’harmonisation avec un renouvellement par tiers tous les 3 ans.

 

Quels collègues y participeront ? Quels critères pour les choisir ? Spécialiste d’activité ? Profs de lycée ? Autres ? 

Pas de réponses précises.

La composition sera-t-elle la même en juin et en septembre ?  

Oui 

Quelle seront leurs missions ?

Pour juin uniquement mission de conseil pour savoir si l’exemple de référentiel est recevable par rapport aux critères nationaux. Volonté d’éviter des erreurs et de trop gros écarts par rapport au protocole national.  Ce protocole d’essai ne sera pas archivé la validation se fera en septembre pour l’ensemble des protocoles.

Commentaires du SNEP : 

Pour septembre, il faudra bien que les protocoles soient validés et donc que la commission se positionne plus clairement.

Nous demandons qu’il y ait une lettre de mission claire qui soit produite. Pour le SNEP FSU, cette méthode représente une dangereuse dérive qui n’aurait pas cours avec des référentiels nationaux. Il n’est pas acceptable de demander à des collègues de juger le travail de leurs pairs. Ce niveau de hiérarchie intermédiaire n’existe pas dans nos statuts et peut avoir des conséquences critiques dans les relations entre collègues.

Se pose aussi le problème de protocoles qui n’auront pas pu être testés avec des classes en amont. Créés dans l’urgence, ils vont très sûrement poser des problèmes d’organisation imprévus. Cela nous conduira à une impasse puisque le protocole étant validé et annoncé aux élèves, il ne pourra être modifié. 

D’un point de vue plus global, le SNEP-FSU dénonce la disparition des référentiels nationaux. Faire des choix concernant les critères et le protocole même de l’évaluation va entraîner de fortes disparités sur ce qui est attendu d’un élève en EPS sur l’ensemble du territoire. Il ne s’agit pas d’entraver la liberté pédagogique mais de se donner un objectif commun : libre à chacun d’exercer son expertise professionnelle pour permettre à l’ensemble des élèves d’atteindre cet objectif, où qu’ils soient scolarisés…

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *