Dispositif 2s2c : le jour d’après pour l’EPS et le sport scolaire ?

La crise sanitaire majeure du covid-19 réinterroge les orientations néo-libérales qui dominent actuellement nos sociétés et leurs incidences sur l’environnement. Elle a bouleversé massivement l’organisation des établissements scolaires et nos métiers.

La FSU et les représentant.es du SNEP n’ont eu de cesse d’agir pour protéger les personnels et les usagers. Les CHSCT ont joué à plein leur rôle, alors même qu’ils sont remis en cause par le gouvernement.

Nous sommes désormais dans une nouvelle séquence, celle du déconfinement, alors qu’à ce jour aucun protocole sanitaire spécifique à l’enseignement des APSA n’a été élaboré. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir interpelé tous les niveaux de décision de notre institution, que ce soit en CHSCT ou lors de l’audience du SNEP avec les IA-IPR de l’académie Normande.

Cette nouvelle séquence est pourtant à nouveau l’occasion, pour notre ministre, de poursuivre ses attaques contre un service public de l’éducation nationale émancipateur et de faire passer des projets qui datent d’une autre époque. C’est dans ce contexte qu’apparait le dispositif 2s2c que les IA-IPR de l’académie présentent comme une réponse transitoire complémentaire permettant d’aider les collectivités territoriales à accueillir les enfants qui ne pourront pas être pris en charge par les enseignant.es.

Mais il ne s’agit pas de cela ! M. Blanquer profite de la complexité de la situation pour instaurer la confusion entre le temps scolaire et le temps hors-scolaire, et tenter de faire du dispositif 2S2C une alternative à l’organisation de l’Ecole actuelle, à renvoyer tout ce qui n’est pas « fondamental » hors de l’Ecole avec toutes les inégalités territoriales que cela peut générer et la perspective d’économies non négligeables pour l’état. 

Nous sommes face à une volonté de remplacer l’EPS par les clubs sportifs. Après avoir fragilisé le mouvement sportif, le gouvernement utilise cette période pour avancer dans des projets qui génèrent des conflits qui consisteraient à opposer enseignants/fonctionnaires au « profit » de travailleurs beaucoup plus précaires que sont bien souvent les animateurs sportifs ou intermittents du spectacle, artistes et acteurs du monde associatif. Le SNEP-FSU travaille d’ores et déjà à rassembler tous les acteurs de l’EPS, du sport et des arts pour que les services publics de l’EPS, du sport scolaire et du sport soient renforcés.

Ainsi, le SNEP-FSU Caen appelle la profession à faire partout barrage à la mise en place de ce « cheval de Troie » qui est financé à hauteur de 250 millions d’euros ! 

Rappelons collectivement que c’est de plus de postes dont le service public de l’éducation nationale et notre discipline ont besoin pour améliorer nos conditions de travail afin de faire face aux enjeux de la réussite de toutes et tous nos élèves à la rentrée prochaine.

Sébastien Beorchia, secrétaire académique du SNEP-FSU Caen

 

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