Ecole de la confiance : quand l’histoire est un éternel recommencement !

Article bulletin Snep Académique de Caen, novembre 2012

Ecole du socle, école de tous les dangers !

De nombreux rapports (Grosperrin, Carle, haut conseil de l’éducation, cour des comptes…) préconisent depuis 2010 de revoir l’architecture du collège pour le rapprocher de l’école élémentaire et de construire une « école du socle commun », ultime étape de la mise en œuvre de la loi d’orientation pour l’école de 2005, couvrant la scolarité obligatoire de la maternelle à la 3ème. Une proposition de loi déposée en février dernier par 5 députés UMP (dont J. Grosperrin) vise à créer, à titre expérimental, des « établissements du socle commun » mais certains projets ont déjà fleuri ici ou là dans le cadre du droit à l’expérimentation ouvert par l’article 34 de la loi Fillon.

Et, c’est le cas pour le calvados. En effet notre Inspecteur d’Académie M.Huchet, a annoncé, notamment lors du dernier CDEN, la mise en place systématique dans chaque circonscription du département, et pour tous les établissements ZEP, de cette « école du socle » (un réseau d’écoles élémentaires constitué autour d’un collège), le calendrier est arrêté, charge aux IEN de trouver d’ici janvier des « volontaires ».Puis seront écrits les projets, pour enfin lancer l’expérimentation en septembre 2012.Ceci induit clairement l’éclatement du second degré, dont le collège serait détaché pour être accroché à l’école élémentaire. Quelles seront les missions des enseignants du second degré intervenant en école primaire, celles des professeurs des écoles au collège, des directeurs ? Quels statuts ?

Ultime réforme donnant tout son sens aux stratégies et politiques éducatives gouvernementales, ou bien pièce du puzzle ?

C’est dans ce contexte qu’il faut envisager cette expérimentation.

Lieu de toutes les interrogations, le collège semble être le point de cristallisation de la problématique sur le « travail  empêché ». Malaise en partie dû à un empilage de réformes contestables semblant inarticulées entre elles et mises en place sans concertation, et d’attaques contre la profession : tentative de remise en cause du décret de 1950, bivalence, note de vie scolaire, accompagnement éducatif, sport l’après-midi, PPRE, mise en place des ECLAIRS (véritables lieux de déréglementation de l’éducation nationale), pouvoir accru des chefs d’établissement en matière de définition des conditions d’enseignement et de management, mise en concurrence, le LPC accompagné de sa contradiction insoluble avec les programmes disciplinaires, et pour finir le nouveau projet de notation des enseignants !

C’est bien le cœur du métier d’enseignant qui est attaqué, en ne visant de plus, que des compétences transversales qui ne s’appuieraient pas sur des connaissances disciplinaires solides. En EPS l’évaluation des seules compétences propres et méthodologiques et sociales en est l’exemple patent ! Dans ce contexte, quelle est la place de la discipline et du sport scolaire dans le système éducatif ?

Ainsi, la fonction des écoles du socle est, en fait, de modifier en profondeur le système scolaire et de remettre en cause le statut des enseignants pour construire, sur fond d’économies budgétaires, une école clairement à deux vitesses, dont les élèves des milieux populaires seront, une fois de plus, les premières victimes !

Sébastien Beorchia

 

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