Réforme de la voie professionnelle

Analyse rapide du SNEP-FSU

Déclaration du SNUEP-FSU

Lien vers l’article du café pédagogique

Le ministre a présenté, le 28 mai, sa réforme de la voie professionnelle. Plus que largement inspiré par le rapport Calvez-Marcon, ce rapport s’appuie sur un détricotage de l’enseignement professionnel public au profit de l’apprentissage et des CFA et sur une diminution des horaires d’enseignements (y compris professionnels !) ce qui amènerait, selon l’estimation du SNUEP, à la suppression d’au moins 6 000 postes…

La mise en place de secondes « multi métiers » est actée (alors que l’expérience menée sur les GA s’avère être très négative). On passerait ainsi de 80 « spécialités » à 5 à 15 familles de métiers !

Le choix de la spécialité professionnelle ne se ferait plus qu’en première, entraînant de fait une perte professionnelle pour les élèves, et renforcerait celle de la réforme de 2009 (passage de 2+2 ans à Bac Prof. en 3 ans). Quant au contenu de cette année de 2nde elle reste à définir mais ressemblera sans aucun doute à une forme de « zapping » professionnel » (si toutefois les établissements sont en capacité à réellement le mettre en place).

En première, la durée des PFMP variera en fonction des diplômes préparés…

En fin de première, l’élève doit choisir entre la poursuite d’études ou l’insertion professionnelle post bac. En terminale il suit un module de recherche d’emploi ou un module de préparation aux études supérieures.

Bien entendu, le mélange entre statut scolaire et apprentis est préconisé à tous les niveaux, à charge pour chaque établissement et chaque collègue de s’organiser.

Le BEP serait supprimé au profit des blocs de compétences (voir bulletin 954) et les diplômes eux-mêmes seraient délivrés sur le même principe.

Est mis en avant les « Harvard pro », arbres destinés à cacher la forêt des difficultés de la voie professionnelle. Il faut savoir que sur les 78 campus des métiers seuls 4 répondent au cahier des charges !

Évidemment en CAP plus de recrutement à effectif réduit…

De façon plus général, cette réforme se traduirait par une baisse des horaires d’enseignement des élèves (jusqu’à 120h) ainsi qu’une diminution de fait de la part professionnelle.

Il est préconisé de la co intervention entre enseignement général et professionnel de manière à plus professionnaliser l’enseignement général. Il s’agit d’être sur que nos élèves seront bien enfermés dans cette logique et non renforcés dans la culture générale dont ils sont souvent les plus éloignés.

Les LP perdraient les ressources liés à la taxe d’apprentissage au profit d’un éventuel autre financement à définir.

Plus spécifiquement en EPS, les horaires diminueraient pour passer à 2,5 par semaine au lieu de 2h, 3h et 3h. Sans compter qu’avec l’allongement de la durée des PFMP, le nombre de semaines de semaines de cours serait amené à diminuer. Avec à l’arrivée moins de temps pour enseigner et des suppressions de postes nombreuses sans compter les compléments de service à venir.

Si demain la possibilité est laissée aux branches professionnelles de définir les besoins de formation, nos élèves se verraient d’autant limités dans leurs choix d’orientation, sachant qu’ils sont les moins « mobiles » de tous.

En conclusion, une réforme entièrement dominée par la recherche d’économie de moyen au détriment de la formation des jeunes et du métier, et, pour ce faire, la recherche de la montée en puissance de l’apprentissage. Sans compter la tentation clairement exprimée par certains de « régionaliser » la voie professionnelle.


La déclaration du SNUEP-FSU

Asphyxie des lycées professionnels sur le dos des jeunes, des familles et des personnels

Le ministre de l’Éducation nationale vient d’annoncer les grands axes de sa réforme pour la voie professionnelle scolaire. Les mesures annoncées représentent de graves dangers pour l’avenir scolaire et professionnel des jeunes. La qualité des formations est menacée et les conditions d’études des élèves et de travail des enseignant·es seront inévitablement dégradées.

Le ministre se garde bien de préciser que sa prétendue revalorisation de la voie professionnelle scolaire se fera avec moins de moyens : moins d’école pour les jeunes, moins de postes d’enseignant·es et un financement en berne des établissements. Si cette réforme est mise en œuvre, ce sont au moins 6000 postes qui seront supprimés et 120 heures en moyenne qui seront spoliées aux élèves, soit l’équivalent de 3 semaines et demi de formation par an. Pour le SNUEP-FSU cette réforme est une suite logique toujours plus brutale de la réforme de 2009, qui reste vivement dénoncée par la profession et toujours combattue par le SNUEP-FSU.

Une réforme qui se fait sur le dos des enseignant·es, des élèves et de leur famille

Les enseignements généraux subiront une baisse patente des horaires disciplinaires ce qui entravera les poursuites d’études des jeunes. L’instauration des secondes à « famille de métiers », qui pourront regrouper jusqu’à 6 Bacs Pros distincts, impliquera inéluctablement une déprofessionnalisation des formations : la spécialisation professionnelle à un métier sera réduite à 2 ans au lieu de 3 actuellement. Ce sera synonyme d’une perte avérée de savoirs et de savoir-faire pour les jeunes. C’est en contradiction totale avec les annonces médiatiques du ministre qui prétend avoir pour objectif d’améliorer l’insertion professionnelle des jeunes. Quant aux supposés dispositifs de co-enseignement, de remédiation, ou d’aide à la réalisation de projets, ils ne seront financés qu’en confisquant du temps à l’ensemble des disciplines.

Les fameux « harvard du pro » ne sont qu’une vitrine de cette réforme dont personne n’est dupe. Sur les 78 campus des métiers seuls 4 répondent au cahier des charges et sont réellement incarnés – les autres ne sont qu’une mise en réseau d’établissements et n’ont de « campus » que le nom. Certains d’entre eux n’offrent aucune formation préparant à un CAP ou un Bac Pro et ne bénéficient donc pas aux 700 000 jeunes scolarisé·es dans la voie pro. Le « prestige » et « l’excellence » annoncés à grands coups médiatiques ne sont qu’une opération de communication pour tenter de masquer les graves dangers des autres mesures.

Pour les CAP, le dispositif de recrutement à effectif réduit vole en éclat. Les classes seront autant chargées que celles des baccalauréats. Pire, après le mixage des parcours et le mixage des publics, le ministre invente le mixage du temps d’enseignement. Certains jeunes passeront les épreuves après 1 an de formation, d’autres après 2 ans et certain·es après 3 ans. Mais toutes et tous seront dans les mêmes classes. Ce choix est pédagogiquement intenable et surtout révélateur du manque d’intérêt et de moyens dédiés à ces jeunes qui, pour beaucoup, relèvent de la grande difficulté scolaire ou du handicap.

Pour « vendre » sa réforme aux PLP, le ministre emploie la même stratégie que lorsqu’il était le principal acteur de la réforme du bac pro 3 ans : il annonce la possibilité donnée aux PLP d’être affecté·es en BTS. Le SNUEP-FSU acte positivement cette annonce mais reste lucide. Très peu de PLP seront concernés et la grande majorité des collègues continuera à enseigner au niveau V et IV en voyant leurs conditions de travail se dégrader.

Le SNUEP-FSU dénonce l’ensemble de ce projet qui, ce n’est pas un hasard, est présenté au moment où la profession est fortement mobilisée par les examens. Ces mesures sont inacceptables et entraveront l’avenir scolaire et professionnel des jeunes. Elles laissent aussi apparaître la volonté manifeste de s’attaquer au statut des PLP pour leur en demander toujours plus. Le SNUEP-FSU informera massivement les personnels et s’engage à créer les conditions de mobilisation pour une autre réforme respectueuse de l’engagement au quotidien des PLP.

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